Depuis plus de vingt ans, Simone Asselborn-Bintz s’engage au service de la commune et de ses habitant·e·s. Conseillère communale, échevine, députée puis bourgmestre, elle a accompagné les évolutions de Sanem tout en restant fidèle à une conviction : la politique de proximité se construit avant tout par l’écoute et le dialogue. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours, les défis auxquels la commune est confrontée aujourd’hui, les projets qui lui tiennent particulièrement à cœur et sa vision de l’avenir de Sanem.
Qu’est-ce qui vous a initialement motivée à vous engager en politique ?
À vrai dire, il y avait deux choses que je ne voulais absolument pas faire dans ma vie : travailler à la radio et entrer en politique. (rires) Cela a aussi un lien avec ma mère, qui a précisément exercé ces deux activités. Lorsqu’elle est décédée en 2000, j’ai commencé à beaucoup réfléchir. J’avais le sentiment que son engagement social n’était pas encore arrivé à son terme. C’est également à cette époque que j’ai fait la connaissance de Georges Engel, et les choses se sont ensuite enchaînées naturellement. Lors des élections de 2005, j’ai été élue directement au conseil communal et, depuis lors, j’ai eu la chance de toujours faire partie de la majorité. (rires)
Y a-t-il eu un moment particulièrement marquant au cours de ces vingt années ?
Il n’y a pas un seul moment qui se distingue des autres. Ils sont nombreux. Mes premières élections, ma prestation de serment à la Chambre des députés ou encore les dernières élections communales, lors desquelles je me suis présentée pour la première fois comme bourgmestre tête de liste. Au quotidien, ce qui me marque le plus reste toutefois le contact direct avec les citoyennes et les citoyens.
Votre regard sur la politique a-t-il évolué au fil du temps ?
Pas fondamentalement. La grande différence réside dans le niveau de responsabilité et dans ce qu’il est concrètement possible de mettre en œuvre. En tant que conseillère communale, on contribue principalement sur le plan thématique. En tant que bourgmestre, il faut avoir une vision beaucoup plus globale, allant des détails jusqu’à la planification des finances communales pour les années à venir.
Vous avez été conseillère communale, échevine et bourgmestre. Comment ces rôles se distinguent-ils dans la pratique ?
Ces fonctions sont effectivement très différentes. En tant qu’échevine, on assume déjà davantage de responsabilités, mais l’attention reste principalement concentrée sur ses propres compétences et dossiers. En tant que bourgmestre, la responsabilité est globale et il faut être informée de l’ensemble des sujets. Cela ne fonctionne évidemment qu’avec une excellente collaboration au sein du collège échevinal et grâce à des collaborateurs et collaboratrices compétents et motivés. J’aime d’ailleurs rappeler que « la qualité d’un bourgmestre dépend toujours de l’équipe qui l’entoure ».
La qualité d’un bourgmestre dépend toujours de l’équipe qui l’entoure
Quel est le plus grand défi de la fonction de bourgmestre ?
La gestion du temps. Il faut être consciente que l’on est pratiquement mobilisée pour la commune vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Dans mon cas, cela a été d’autant plus exigeant qu’au début de mon mandat, je siégeais encore à la Chambre des députés et que la pandémie venait d’éclater. Un autre défi consiste à retenir les très nombreux noms que l’on rencontre. Il m’arrive encore parfois de devoir chercher un prénom ou un nom qui m’échappe. (rires)
Quels sont les projets dont vous êtes particulièrement fière ?
Je suis particulièrement fière que nous ayons réussi à doter notre commune, avec l’Artikuss, d’une infrastructure culturelle de grande qualité. C’est également un atout important pour nos associations. Par ailleurs, le renforcement du commerce local me tient particulièrement à cœur, qu’il s’agisse du boucher, du boulanger ou encore de l’épicerie du coin.
Y a-t-il des décisions qui vous ont été particulièrement difficiles à prendre ?
Oui, notamment les décisions liées au personnel. Il n’est jamais facile de devoir mettre fin aux fonctions d’un agent communal. Les enterrements restent également des moments difficiles, surtout lorsque je connaissais personnellement la personne décédée ou lorsque je suis témoin de la peine de ses proches.

Comment gérez-vous les critiques ou les oppositions ?
C’est quelque chose que l’on apprend avec le temps. Au début, j’avais davantage tendance à prendre certaines critiques à cœur, notamment sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, je les aborde avec davantage de recul, tout en fixant des limites très claires lorsqu’il s’agit de discours haineux ou d’attaques personnelles. Le ton dans la société s’est durci et cela rend l’exercice de la politique plus complexe.
Quels sont actuellement les principaux défis de notre commune ?
La mobilité, le trafic de transit, le logement ainsi que la modernisation des infrastructures scolaires. À cela s’ajoute la nécessité de préserver l’équilibre des finances communales. Dans les années à venir, nous devrons concentrer nos efforts sur les investissements prioritaires, notamment dans le domaine scolaire et dans la construction d’un nouveau service technique.
Comment concilier les stratégies à long terme avec les attentes à court terme des citoyens ?
Ce n’est pas toujours simple, car les grands projets nécessitent du temps. Je peux parfaitement comprendre l’impatience ou l’incompréhension de certains habitants lorsque les choses n’avancent pas aussi vite qu’ils le souhaiteraient. C’est pourquoi il est essentiel d’expliquer de manière transparente pourquoi certaines procédures prennent du temps.
De nombreuses décisions prises au niveau national entraînent des répercussions directes sur les communes.
Qu’est-ce qui distingue la politique nationale de la politique communale ?
Il est très important que les représentants communaux sachent ce qui est débattu et décidé à la Chambre des députés. De nombreuses décisions prises au niveau national entraînent des répercussions directes sur les communes. Je considère donc qu’il est essentiel que les communes restent proches des travaux parlementaires.
Que retenez-vous de votre expérience à la Chambre des députés ?
Avant tout une meilleure compréhension des dossiers techniques et des textes législatifs. Cette expérience m’a permis de travailler de manière encore plus ciblée au niveau communal. Mais j’y ai aussi conservé mon approche directe et humaine. (rires)
Comment décririez-vous votre style de leadership ?
Je dirais qu’il est démocratique, fondé sur l’esprit d’équipe et l’empathie. Il est important pour moi que chacun puisse apporter son expertise et son point de vue. J’apprécie de travailler avec des personnes motivées, capables d’assumer des responsabilités et de faire preuve d’initiative. Ensuite, nous prenons ensemble la meilleure décision possible.
Quel rôle joue le travail d’équipe au sein du collège échevinal et du conseil communal ?
Un rôle essentiel. Sans une collaboration de confiance et de qualité, il est difficile de faire avancer les choses au niveau communal. Il s’agit moins d’idéologie que de trouver des solutions concrètes pour les habitants, les associations et les différents quartiers et localités. Bien sûr, les opinions divergent parfois, surtout au sein du conseil communal. (rires) Mais il est important de toujours se respecter mutuellement et de travailler ensemble dans un esprit constructif. À cet égard, je pense que nous continuons à bien fonctionner à Sanem.
Osez-vous lancer. Chacun peut apporter sa contribution et chacun possède ses propres qualités.
Qu’est-ce qui vous motive encore aujourd’hui à rester active en politique ?
En politique, on n’a jamais vraiment le sentiment d’être arrivé au bout du chemin. Il y a toujours des projets à poursuivre ou à concrétiser. Sanem est une commune où il fait bon vivre à tous les âges de la vie. Le grand défi consiste à préserver cette qualité de vie élevée tout en accompagnant le développement futur de la commune.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent s’engager en politique ?
Osez-vous lancer. Chacun peut apporter sa contribution et chacun possède ses propres qualités. Il est bien sûr important de s’intéresser à la politique et à l’actualité. À une époque où l’information circule très rapidement, il est également essentiel de développer son esprit critique, de vérifier les informations et d’approfondir les sujets.
Y a-t-il un projet que vous aimeriez absolument voir se concrétiser ?
Oui, la création d’une « Maison de la Citoyenneté » serait pour moi un projet particulièrement important : un lieu ouvert, intergénérationnel et interculturel, où les habitants pourraient se rencontrer, obtenir des informations, échanger ou simplement prendre un café dans une atmosphère agréable et apaisante.






