Une cuisine pas comme les autres

Cuisine, mémoire et réemploi : au cœur d’un projet collectif inédit, la Commune de Sanem accueille avec Cuisine Banale une initiative artistique qui transforme notre regard sur les objets, les usages… et les liens qui nous unissent.

Imaginé par le studio d-o-t-s, fondé par Laura Drouet (Fra) et Olivier Lacrouts (Fra/Ita), Cuisine Banale est un projet artistique participatif développé avec Breanne Johnson (Can), Éléonore Grignon (Fra) et Quentin Gaudry (Fra), avec l’assistance de Sarah Hornung (Lux). Produit par la Commune de Sanem, il est le fruit d’une collaboration étroite entre artistes, services communaux et partenaires locaux.

Au printemps 2026, une résidence de trois semaines à Belvaux a permis de donner vie à une cuisine mobile entièrement conçue à partir de matériaux de réemploi, collectés notamment auprès du SIVEC et issus d’anciennes installations artistiques. Une démarche qui allie création, durabilité et intelligence collective.

« Nous ne partons pas de matériaux neufs, mais d’éléments déjà chargés d’histoires. Il s’agit de les écouter, de comprendre ce qu’ils peuvent encore devenir », explique Olivier Lacrouts.

Dans la continuité d’un ancrage local

Le studio d-o-t-s connaît déjà bien le territoire de Sanem. Dans le cadre du programme loop de Esch2022, il y avait développé « Histoires de serres », un projet consacré à la mémoire des anciennes serres du Zolwerknapp.

Avec Cuisine Banale, cette attention portée aux récits locaux se poursuit et s’élargit : il ne s’agit plus seulement de recueillir des histoires, mais de créer un espace où elles peuvent se fabriquer, se partager et évoluer.

Transformer les rebuts en ressources

Au cœur du projet se trouve une idée forte : considérer les rebuts non comme des déchets, mais comme des ressources en devenir. Tiges métalliques, plaques de polycarbonate, plexiglass, évier en zinc ou objets abandonnés composent ainsi une « archive matérielle » réactivée.

Une rayure, une soudure, une trace d’usage ne sont pas des défauts. Ce sont des signes de vie, des marqueurs de passage

Peu à peu, ces fragments sont transformés en éléments fonctionnels : plan de travail, étagères, station de lavage ou encore barbecue. Chaque pièce conserve les traces de son passé, visibles et assumées.

« Une rayure, une soudure, une trace d’usage ne sont pas des défauts. Ce sont des signes de vie, des marqueurs de passage », souligne Laura Drouet.

Une cuisine comme espace de rencontre

Bien plus qu’un simple outil, la Cuisine Banale devient un lieu de convivialité. Elle invite à cuisiner ensemble, à partager des savoir-faire et à faire cohabiter des éléments et des pratiques variés.

Les gestes du quotidien prennent ici une dimension particulière : cuisiner, assembler, nettoyer deviennent autant d’actes qui produisent du lien et du sens.

Une archive vivante et collective

Inspirée du système médiéval des « banalités », la Cuisine Banale en propose une relecture contemporaine. Son utilisation ne repose pas sur un échange monétaire, mais sur une contribution immatérielle : une recette, une anecdote, une tradition culinaire.

Nous aimons l’idée d’un “compost social”, où les histoires se déposent, se mélangent et continuent de se transformer avec le temps

Ces récits sont conservés dans des enveloppes et viennent nourrir une archive vivante, en constante évolution. « Nous aimons l’idée d’un “compost social”, où les histoires se déposent, se mélangent et continuent de se transformer avec le temps », précise Olivier Lacrouts.

Une architecture modulaire et évolutive

La cuisine se compose de plusieurs modules, pensés pour s’adapter aux usages :

  • Un module de préparation, espace de travail mobile pour cuisiner et stocker.
  • Un foyer, véritable cœur thermique favorisant les moments collectifs.
  • Un point d’eau dédié au nettoyage et à l’entretien.
  • Un module de compostage, accueillant à la fois matières organiques et récits.
  • Un module d’ombrage, permettant de structurer un espace convivial et modulable.

Cet ensemble forme un dispositif flexible, capable de s’adapter à différents contextes et événements.

Un lancement convivial et prometteur

L’inauguration, organisée le 30 mai 2026 au Matgesfeld, a rassemblé près de cinquante personnes venues découvrir la cuisine et partager un moment chaleureux. L’équipe artistique y a proposé une première expérience culinaire autour de plats végétaux, préparés sur place.

Et demain ?

Pensée comme un projet évolutif, la Cuisine Banale sera amenée à être réactivée lors de futurs événements communaux, au Matgesfeld ou ailleurs sur le territoire. Une ouverture au grand public est également envisagée.

La Commune de Sanem ne manquera pas de communiquer les prochaines dates et modalités de participation.

 

 

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