Par une belle journée de mai, dans le parc du château de Sanem, Sandrine Reuter pousse la poussette de son fils Jona tandis que sa chienne Balu l’accompagne. Entre vie de famille et engagement citoyen, la conseillère communale de 41 ans entame un nouveau chapitre. Depuis la fin du mois de mars, elle siège au conseil communal sous les couleurs du CSV, un engagement qu’elle a choisi avec conviction et qui s’inscrit dans la continuité de son parcours.
Après un bref passage à Differdange, Sandrine Reuter est aujourd’hui revenue là où se trouvent ses racines : dans la maison de ses grands-parents, au cœur du vieux village. « J’ai bien l’intention de vieillir dans cette commune », confie-t-elle. Pour elle, Sanem est bien plus qu’un simple lieu de résidence : c’est son chez-soi, son ancrage.
Son engagement politique s’est construit progressivement. « À un moment donné, je me suis dit qu’il ne suffisait plus de s’investir uniquement dans la vie associative. Lorsqu’on souhaite faire évoluer les choses, il faut aussi agir à un autre niveau. »
Une politique de proximité
Si elle a choisi de s’engager au sein du CSV, c’est aussi en partie une histoire de famille. Sa mère, Carine, a siégé pendant de nombreuses années au conseil communal. Mais Sandrine Reuter souligne avoir pris sa décision en toute indépendance : « Je me suis penchée en profondeur sur les valeurs et le programme du parti, et cela correspondait tout simplement à mes convictions. »
La politique a toujours fait partie du quotidien familial, sans pour autant occuper une place démesurée. Cette approche pragmatique continue de l’influencer aujourd’hui, tout comme les échanges qu’elle entretient avec sa mère et ses collègues du conseil communal.
Elle décrit ses premières séances comme « exigeantes ». L’abondance d’informations et la complexité de certains dossiers ont représenté un véritable défi. Pour se préparer, elle écoutait les enregistrements d’anciennes séances lors de ses promenades. « Mais y assister en personne est encore d’une tout autre dimension. » Le ton parfois vif de certains débats l’a également surprise. « Il va certainement me falloir un peu de temps pour m’y habituer. »
Dans la vie quotidienne, elle est encore rarement interpellée en tant que conseillère communale. Les questions qui lui sont le plus souvent adressées concernent davantage l’organisation de son quotidien : comment concilier toutes ses responsabilités ? « Vous êtes mère célibataire, vous travaillez, vous avez un chien… Ce sont surtout ces questions-là qui reviennent. »
Entre maternité, profession et mandat
Lors de notre rencontre dans le parc du château, son fils Jona est naturellement de la partie, tout comme sa chienne Balu. Son quotidien est déjà bien rempli, et il le sera bientôt davantage encore. Pour l’instant, son congé parental lui permet d’aborder sereinement cette nouvelle fonction : « Mes priorités du moment sont mon bébé, mon chien et le conseil communal. »
L’époque où je regardais trois épisodes de série par soir est révolue.
À l’automne, elle reprendra son activité professionnelle au Centre pour le développement intellectuel, où elle accompagne des enfants à besoins spécifiques. Quant à l’équilibre entre toutes ces responsabilités, elle l’aborde avec réalisme : « Je vais devoir apprendre à déléguer. » Avant d’ajouter avec le sourire : « L’époque où je regardais trois épisodes de série par soir est révolue. »
L’engagement associatif au cœur de ses priorités
Profondément impliquée dans la vie associative locale, Sandrine Reuter est présidente de l’Harmonie Sanem et musicienne active. Elle accorde une importance particulière à la relève : « Il est essentiel que la jeune génération prenne le relais. » Cette préoccupation se reflète également dans son engagement politique. Le bénévolat lui tient particulièrement à cœur : « Il devient de plus en plus difficile de motiver les gens à s’investir durablement. »
Depuis qu’elle est devenue mère, certaines questions prennent une importance accrue à ses yeux, notamment celles liées aux infrastructures. « Comment garantir des espaces scolaires suffisants et modernes pour tous les enfants ? » Les aires de jeux et les cours d’école attractives figurent également parmi ses priorités, en tant que lieux favorisant à la fois la vie quotidienne et le vivre-ensemble.
Diversité et cohésion
Pour Sandrine Reuter, Sanem représente « une alliance harmonieuse entre passé et modernité », du château au Gaalgebierg en passant par Belval. Mais avant tout, la commune est « mon foyer, ma patrie de cœur ».
Le parc du château, où se déroule notre entretien, est chargé de souvenirs. « Quand j’étais enfant, je jouais dans l’eau et je construisais des cabanes ici. » Pour l’avenir, elle souhaite que cet espace reste accessible à tous : « Quelle que soit son utilisation, il doit demeurer un lieu où l’on peut s’arrêter, se détendre et profiter du cadre. »
Quelle que soit son utilisation, il doit demeurer un lieu où l’on peut s’arrêter, se détendre et profiter du cadre.
En tant que présidente de la commission de l’Égalité des chances et de la Diversité, elle œuvre à renforcer les synergies entre les différents acteurs et à insuffler de nouvelles initiatives. Si une grande partie de ce travail se déroule encore en coulisses, plusieurs projets concrets sont déjà en préparation, notamment l’organisation d’un Diversity Day dans les écoles.
Faire ses choix, avec conviction
Dans sa vie privée également, Sandrine Reuter a choisi de suivre sa propre voie. Elle a pris la décision de devenir mère, même en dehors du schéma familial traditionnel. « Je souhaitais profondément devenir mère et, à mon âge, je ne pouvais pas me permettre d’attendre encore plusieurs années », explique-t-elle.
Le fait que cela soit aujourd’hui possible, même seule, représente pour elle une véritable chance. Son fils est, selon ses propres mots, « un merveilleux petit garçon », et son entourage a accueilli cette décision avec beaucoup de bienveillance.
La réflexion avant tout
Lorsqu’on l’interroge sur ses qualités et ses points à améliorer, Sandrine Reuter répond avec sincérité : « Je ne suis peut-être pas toujours assez réactive dans les échanges. » Mais elle considère également cette caractéristique comme une force : prendre le temps d’analyser les situations avant de se prononcer.
Une approche qui correspond parfaitement à son style politique : calme, réfléchie et profondément enracinée dans la commune qu’elle souhaite contribuer à façonner pour les années à venir.





